lundi 11 février 2008

Musée Cherbourg : Les trésors cachés du musée Emmanuel-Liais

Les collections sont d'un grand intérêt. Mais le musée etnographique manque cruellement de place pour dévoiler ses trésors.

Loin de l'agitation du monde moderne, il est des lieux au charme désuet, et où les objets exposés, contemporains de Jules Verne, attisent la curiosité et invitent au voyage. Avec ses collections de toutes provenances, le musée d'Ethnographie rappelle les cabinets de curiosités très prisés jusqu'au XIXe siècle, avant l'essor des muséums d'histoire naturelle.

« Ce musée est né en 1832, explique Cécile Binet, directrice des musées de Cherbourg. Il a pour origine un cabinet de curiosité créé par François-Henri Duchevreuil. A la mort de celui-ci, la société académique, consciente de l'intérêt scientifique que présentent les collections, incita la Ville à racheter l'ensemble du fond. » Depuis ce jour, les donations faites par les sociétés savantes se succèdent, et en 1908, 750 oiseaux naturalisés détenus par un taxidermiste de Saint-Vaast viennent enrichir la collection. « Aujourd'hui, précise Cécile Binet, on peut estimer à environ 35 000, le nombre de pièces détenues par le musée ! »

Un manque cruel de place

Cependant, au cours des années, l'affluence des dons ne faiblit pas, et faute de place, les pièces s'entassent dans les réserves. « Actuellement, explique Cécile Binet, entre 60 et 70 % des collections de géologie, ornithologie, et archéologie dorment sur des étagères et dans des cartons, qui pour certains n'ont jamais été ouverts ! » Malheureusement, les combles n'étant pas isolés, les conditions de stockage ne sont pas bonnes et certaines pièces s'abîment. « Beaucoup de pièces présentent un intérêt certain, comme le squelette complet de baleine, ou celui d'Hyperoodon boréal échoué à Goury en 1893, mais nous sommes dans l'impossibilité de les exposer ! »

La visite des combles réserve également quelques surprises... En effet, dans l'ombre, à côté des Pétrels géants de l'hémisphère sud, des crânes d'hippopotames et de rhinocéros, et des multiples bocaux de formol au contenu obscur, plusieurs crânes et cerveaux humains, attirent brusquement l'attention... « Ce sont des crânes phrénologiques de Gall qui datent des années 1880, explique Cécile Binet, selon les théories de ce scientifique, le crâne humain serait divisé en plusieurs zones, chacunes reliées à un sentiment. C'est la raison pour laquelle ils sont quadrillés de toutes ces inscriptions ! »

Des aménagements en perspective

Dans un avenir proche, une nouvelle réorganisation des salles de zoologie devrait permettre de faire découvrir au publique quelques pièces inédites. « Nous aménagerons trois salles qui seront chacunes consacrées à un thème particulier : la faune locale, la géologie, et l'océanographie. Ceci devrait mettre en valeur ces collections et attirer de nouveaux visiteurs. »

Pratique. Du 1er octobre au 30 avril : Ouverture du mercredi au dimanche, de 14 h à 18 h. Du 1er mai au 30 septembre : Ouverture du mardi au samedi, de 10 h à 12 h, et de 14 h à 18 h. Lundi et Dimanche : de 14 h à 18 h. Tél. 02 33 53 51 61. Entrée gratuite.

Ouest-France

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